La compagnie danoise DFDS, présente à Saint-Malo depuis mars dernier, a organisé cette semaine une journée portes ouvertes sur son navire. L'événement visait principalement à recruter du personnel en vue de la saison estivale pour la liaison Saint-Malo-Jersey.
"On recrute dans les trois services, donc à bord d'un bateau, le service pont, le service machine et le service hôtellerie pour le service aux passagers", explique la direction. Une particularité importante du recrutement concerne la langue de travail : "La langue de travail est l'anglais, c'est un navire sous pavillon britannique. Donc les membres d'équipage, qui sont de diverses nationalités d'ailleurs, parlent en anglais entre eux."
Controverse sur les contrats de travail
Cette opération de séduction intervient dans un contexte tendu. Depuis plusieurs semaines, la CGT Marins critique vivement la société danoise concernant les contrats de travail proposés aux marins malouins. Le syndicat conteste notamment l'utilisation du pavillon britannique, le navire étant enregistré à Guernesey.
"DFDS cherche à tout prix à échapper à l'ENIM, c'est bien ça, à échapper aux cotisations sociales. Tout ce qu'on demande c'est l'application simple de la loi, c'est pas plus compliqué que ça", affirme un représentant syndical. La CGT rappelle avoir déjà fait plier Condor Ferries en 2015 sur une question similaire.
La réponse de DFDS
Face à ces accusations, le directeur général de DFDS France se défend : "Les marins qui sont à bord ont eu une explication sur les packages et les conditions du pavillon britannique à leur embauche. Et comme nous nous y sommes engagés, nous continuerons à les accompagner dans les formalités administratives."
Il précise également : "Encore une fois, la société est enregistrée à Guernsey et le pavillon britannique reste un bon pavillon. Ce n'est pas un pavillon de complaisance comme d'autres pavillons. Donc là-dessus, nous sommes confiants sur les packages que nous offrons."
Perspectives d'avenir
L'affaire est remontée jusqu'au ministère de la Mer. Pendant ce temps, DFDS poursuit sa stratégie d'implantation à Saint-Malo et cherche à relancer une fréquentation en baisse sur l'année 2025. Pour la liaison Saint-Malo-Jersey, la compagnie a obtenu un départ à 7h30 jusqu'en mars et espère pérenniser cet horaire pour l'année 2026.
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