Un projet ambitieux dans un cadre symbolique
Jean-François Lamage, proviseur du lycée, explique le choix historique du lieu : "Le Conseil de guerre n'a pas pu se tenir dans la salle du Conseil de guerre qui se trouvait à proximité dans l'îlot militaire en face du lycée de Rennes de l'époque. Et vu les passions autour de cet événement historique, le procès a été délocalisé, si je peux dire, dans la salle des fêtes du lycée de Rennes de l'époque, pour pouvoir accueillir justement tout ce public et toutes les personnes qui souhaitaient voir le résultat de ce deuxième procès en révision."
La pièce s'appuie sur un texte d'Olivier Maunaye, joué en 1995, qui reprend fidèlement les minutes du procès. Un texte particulièrement dense et technique que les élèves ont dû s'approprier.
Une collaboration entre lycéens et professionnels
Ce projet, mené depuis plusieurs mois, résulte d'un partenariat entre le lycée, la compagnie de théâtre Ostinato, la région et le barreau de Rennes. La metteuse en scène Rozenn Tregoat a accompagné les élèves et des avocats volontaires du barreau de Rennes depuis octobre, lors de séances hebdomadaires et de deux week-ends de résidence.
Eden Couame-Gérard, lycéenne interprétant deux rôles d'experts dans la pièce, témoigne de la difficulté du texte : "C'est pas un texte facile, j'avoue. Déjà parce que c'est une expertise, donc on a beaucoup de calculs et que c'était pas forcément mon fort."
Une expérience formatrice
Au-delà de l'aspect théâtral, cette expérience a été particulièrement enrichissante pour les participants. Eden explique : "Ça nous a permis, déjà, de prendre confiance en nous, de peut-être prendre plus conscience de notre corps, de l'espace autour de nous, comment faire porter notre voix, faire valoir ce qu'on dit. Ça avait des aspects extrêmement bénéfiques pour notre scolarité, pour nous."
Cette immersion dans l'affaire Dreyfus a également permis aux élèves de mieux comprendre cet épisode majeur de l'histoire française. Eden confie avoir été marquée par "à quel point l'affaire reposait, entre guillemets, sur la dignité de l'armée, quitte à ce qu'elle soit injuste. C'est surprenant de voir tous les travers qu'il y a eu."
Un rayonnement au-delà des comédiens
Le projet ne s'est pas limité aux seuls élèves comédiens. Selon le proviseur, ce sont « entre 200 et 300 élèves qui, à un moment ou à un autre de cette année, sur un travail qui est en cours ou qui va s'achever dans quelques semaines, travaillent autour de l'affaire Dreyfus." Des enseignants d'histoire-géographie et d'autres disciplines se sont également emparés du sujet.
Les représentations prévues affichent déjà complet, mais une captation sera diffusée sur la chaîne TVR fin mai ou début juin, permettant à un public plus large de découvrir cette reconstitution historique.
Article rédigé par