Chaque matin depuis deux ans, Cabbar Yürekli s'affaire en cuisine avec le même rituel. Mais ce jour-là, ce chef cuisinier boucher pourrait bien accomplir ses derniers gestes derrière les fourneaux. Arrivé en France en 2021, cet homme d'origine kurde est aujourd'hui sous la menace d'une obligation de quitter le territoire (OQTF). Son dossier est actuellement en cours de révision à la préfecture.
Un pilier du restaurant
Employé en CDI depuis l'ouverture du Pointgrill il y a deux ans, Cabbar Yürekli est bien plus qu'un simple salarié aux yeux de ses employeurs. Son visage figure même sur les photos promotionnelles de l'établissement. Pour ceux qui l'emploient, son éventuel départ représente une menace directe pour la survie du restaurant : « 90% de la carte repose sur le chef cuisinier. Aujourd'hui, s'il venait à partir, c'est la réduction de 90% de la carte, on peut fermer le restaurant. Aujourd'hui, is'l n'est pas là, le restaurant ferme définitivement parce que nous, on n'a pas les compétences. C'est Cabbar qui a les compétences. »
Un dossier fragilisé par l'absence de liens familiaux
Les critères habituellement retenus pour régulariser une situation administrative font défaut dans le cas de Cabbar Yürekli. Comme le soulignent ses employeurs Sibel et Benoît SULAK : « Il n'est pas marié, il n'a pas d'enfant. Pas assez d'ancienneté en France également. » Des éléments qui fragilisent son dossier, malgré une intégration professionnelle solide et reconnue.
Selon Sibel : « Il y a beaucoup de stress, mais on essaie de garder la motivation, le courage, puisque Cabbar, c'est quelqu'un qui adore le métier qu'il fait. Et là, ça donne la motivation. En plus, les habitants qui viennent régulièrement pour soutenir Djapar. Ca remonte le moral pour nous, en fait. »
Une mobilisation qui dépasse les murs du restaurant
L'affaire a rapidement dépassé le cadre de l'établissement. Une pétition en soutien au chef a recueilli plus de 2 500 signatures, témoignant d'un élan de solidarité ancré dans la communauté locale.
Djapar, lui, exprime simplement son souhait de construire sa vie en France : « J'aime la France. J'aime mon travail ici. Je veux rester en France, construire ma vie ici. »
La décision finale appartient désormais aux autorités préfectorales. Dans l'attente, le Pointgrill retient son souffle.
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