Adieu au Joseph Roty II : le dernier navire-usine français quitte Saint-Malo

Adieu au Joseph Roty II : le dernier navire-usine français quitte Saint-Malo

Le Joseph Roty II, dernier navire-usine français et symbole de l'histoire maritime malouine, a définitivement quitté son port d'attache de Saint-Malo ce vendredi 27 mars. Après 52 ans de service, ce navire emblématique part pour son ultime voyage vers un chantier de déconstruction en Belgique.

Article publié le : 31 mars 2026

Thématique : Infos

Un départ émouvant

Plusieurs centaines de Malouins se sont rassemblés sur le port pour dire adieu au navire. L'émotion était palpable parmi les spectateurs, notamment les anciens marins venus assister à ce moment historique. Comme le confie l'un d'eux : "C'est triste. En tant qu'ancien marin, c'est normal que je sois présent. J'ai navigué sur son frère de 1971 à 1978. C'est pour ça que je suis là."

Ce départ marque la fin d'une époque pour la ville et toute la région. Un autre témoin explique : "On remémorise un peu les souvenirs. Les bons, on ne regarde plus les mauvais. Mais c'est vrai que c'était une époque pour les malouins, pour tout le monde d'ailleurs. C'est sûr que c'est une page qui va se tourner malheureusement."

Une riche histoire maritime

Le Joseph Roty II a commencé son parcours sur les bancs de Terre-Neuve dans les années 70. Plus vieux et plus grand navire-usine de pêche français, il a vu passer quelque 900 marins à son bord au cours de sa longue carrière.

Sa mission a évolué au fil des décennies. D'abord dédié à la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, il s'est ensuite reconverti dans la pêche au merlan bleu pour la production de surimi jusqu'en 2023.

"Nous n'avions plus suffisamment de quotas pour travailler notre produit phare, c'est-à-dire la morue ou le cabillaud, et il fallait trouver une nouvelle destination, avec un assez grand bateau, un navire-usine, et à cette époque-là, l'Ifremer avait sorti un brevet pour une technique de fabrication du surimi en continu, et j'ai donc acheté le brevet et travaillé. C'était en 1988", explique Patrick Soisson, ancien PDG de la Compagnie des Pêches de Saint-Malo.

Une fin inévitable

Malgré sa valeur historique, le Joseph Roty II n'a pas trouvé d'acquéreur après sa mise en vente. La décision de l'envoyer à la déconstruction s'est imposée pour des raisons techniques et de sécurité.

"C'est très compliqué de garder un bateau comme ça à Saint-Malo. Quand il reste immobile dans un bassin, l'électrolyse du bassin abîme la coque sept fois plus que quand il est en mer, et donc pour des raisons aussi de sécurité, il fallait prendre une décision n'ayant pas trouvé d'acheteur", justifie Florian Soisson, actuel PDG de la Compagnie des Pêches de Saint-Malo. 

Le Joseph Roty II était le dernier d'une série de trois navires construits sur le même modèle, représentant un patrimoine maritime important pour la région. "C'est un bateau historique à Saint-Malo. C'est le dernier qui part. Il faut être là", témoigne un spectateur présent pour les adieux.

Son dernier voyage durera trois jours jusqu'à son chantier de déconstruction en Belgique, tournant définitivement une page de l'histoire maritime française.

Article rédigé par

Claudia Caratori

Journaliste

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