Un spectacle né de vrais témoignages
Pour créer ce one-woman-show, le metteur en scène David Gauchard a collecté les confessions d'une dizaine de sopranes professionnelles. C'est la chanteuse lyrique Jeanne Crouseau qui les restitue en direct sur scène. Le spectacle aborde des réalités souvent ignorées du grand public : la concurrence, la pression des auditions, la santé vocale, la vie de famille, ou encore les conditions matérielles d'un métier fait de déplacements constants.
«C'est assez inédit ce spectacle, c'est en fait découvrir les coulisses d'un métier que le grand public peut parfois aduler, fantasmer en disant c'est super vous voyagez énormément. Mais il y a aussi les valises permanentes, les AirBnB, les doutes terribles.» explique la soprano Jeanne Crouseau.
Déconstruire le mythe de la diva
Le spectacle s'attache à tordre le cou aux idées reçues qui entourent la figure de la soprano. Comme l'explique l'un des protagonistes du projet :
«C'est la diva ultime quand même la soprano. Quand on dit celle-là c'est vraiment une soprane, c'est qu'elle est conne quoi si tu veux, c'est quand même ça.»
Face à ces clichés tenaces, la démarche artistique se veut volontairement démystificatrice. «On a des femmes en l'occurrence puisque c'est des sopranes modernes, vivantes, normales. Les clichés souvent aussi c'est la diva ou la soprane c'est celle qui chante à tue-tête ou j'en sais rien. On démonte un peu tout ça et on remet tout à plat. C'est juste une conversation franche finalement avec le public.» affirme David Gauchard.
La réalité du métier inclut notamment les expériences de doublure, peu connues du public. «J'ai été doublure trois fois dans ma vie. T'es là au cas où la chanteuse mange un truc dégueulasse. Enfin, très clairement. C'est parce que tu te rends vite compte que la chanteuse, elle est hyper saine vocalement, scéniquement, techniquement. Il n'y aura pas de problème, sauf si… Elle a pas de bol, quoi.»
Jeanne Crouseau elle-même fait preuve d'autodérision sur sa pratique : «Moi, je déteste m'écouter. Quand je m'écoute, je me dis quelle horreur. J'ai l'impression que j'ai la boîte Pocahontas.»
Un tarif d'entrée accessible
Au-delà du contenu artistique, le spectacle se distingue également par son prix : 5 euros la place, jusqu'au vendredi 10 avril, dans le cadre du festival Mythos, à l'Opéra de Rennes.
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