Des tables rondes consacrées au travail, à la justice et à la gestion de l'eau, ainsi qu'une masterclass animée par l'ancien président François Hollande : le programme de cette rencontre témoignait d'une volonté affichée de travailler sur le fond. Les participants entendaient répondre à une question centrale : comment repositionner la gauche face aux grands défis du moment ?
Un agenda programmatique ambitieux
Les échanges ont porté sur des enjeux jugés prioritaires. L'un des intervenants a résumé l'état d'esprit général : «Comment on répond à la crise énergétique actuelle ? Comment on répond aux défis de la démocratie française ? Comment on répond à la sclérose qui gagne le pays ? Comment on répond aux menaces qui pèsent sur l'Union européenne ?» Avant d'ajouter : «Tout ça, c'est l'objet de notre discussion et on doit montrer que la gauche républicaine, démocrate, a les réponses et est capable de susciter l'enthousiasme et l'envie.»
La tonalité générale se voulait pragmatique. «Nous les progressistes, qu'est-ce que l'on veut faire pour demain ? Comment on travaille les grands thèmes sur lesquels les Français nous attendent ? Sur tous ces sujets-là, il faut être pragmatique et responsable», a-t-on pu entendre dans les couloirs et en séance.
La menace des extrêmes, omniprésente dans les débats
La question du danger représenté par les partis extrêmes a été au cœur des discussions. Elle a alimenté les réflexions sur la nécessité pour la gauche de se structurer rapidement et efficacement en vue du scrutin présidentiel.
François Hollande, dont l'intervention a marqué les esprits, a insisté sur la gravité du moment : «Le temps viendra, bien sûr, vous l'avez évoqué, des candidatures, des modes de désignation et même des projets. Mais il faut bien comprendre, c'est le sens de mon intervention, que nous sommes à un moment historiques diront certains, mais un moment particulièrement grave.»
La question de la désignation, nœud gordien de la gauche
Si le fond a occupé une large place dans les débats, c'est bien la question de la méthode qui cristallise les tensions. Avec une dizaine de candidats déjà déclarés ou fortement tentés, la fragmentation apparaît comme le principal risque. Un intervenant l'a formulé clairement : «Compte tenu de notre poids global dans l'électorat, qu'on va estimer à aller 30 %, on ne peut pas se permettre un vrai premier tour. Il faut qu'on précède le premier tour de notre premier tour à nous. C'est le principe de la primaire.»
Trois grandes tendances se dessinent au sein des formations concernées — le Parti socialiste, les écologistes et Place Publique. Certains militent pour l'organisation d'une primaire, d'autres plaident pour retenir le ou la candidate la mieux placée dans les sondages d'ici la fin de l'année, tandis qu'une dernière frange envisage de se présenter directement, sans processus collectif préalable.
Les discussions, comme l'ont reconnu les participants eux-mêmes, «ne font que commencer». Liffré aura au moins servi à poser les termes d'un débat qui promet d'être long et complexe à l'approche de 2027.
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