Un serveur malvoyant relève le défi de la restauration à Rennes

Un serveur malvoyant relève le défi de la restauration à Rennes

Dans un restaurant rennais pouvant accueillir jusqu'à 300 couverts par service, Jean-Baptiste, surnommé JB par ses collègues, démontre que le handicap visuel n'est pas un obstacle infranchissable dans le secteur de la restauration.

Article publié le : 30 janvier 2026

Thématique : Société

Intégré à l'équipe des serveurs depuis août dernier, ce professionnel malvoyant explique sa condition : "Je suis non voyant, enfin on va dire mal voyant aussi, parce que c'est vrai que le terme peut faire un petit peu peur. Donc j'aperçois les ombres et les lumières en fait."

Un parcours de formation exemplaire

Avant d'accéder à ce poste, Jean-Baptiste a suivi une formation rigoureuse. "Un CAP, mention bien, je l'ai terminé l'année dernière", précise-t-il, évoquant son diplôme en service hôtellerie-restauration obtenu après deux années d'études. Ce poste de serveur représentait pour lui un véritable "challenge", comme il le souligne lui-même.

Une adaptation méticuleuse

Pour permettre à Jean-Baptiste d'exercer efficacement son métier, une période d'adaptation a été nécessaire. "On a passé des après-midi entières à travailler sur différentes marques au sol qu'on a", explique Gino Nunes le directeur de salle du Comptoir Vénitien. Cette méthode lui permet aujourd'hui de se repérer dans ce grand établissement à étage.

Son apprentissage a été progressif : "On a passé peut-être deux semaines à revoir les numéros de table." Un investissement qui porte ses fruits puisque, comme le remarque Gino : "plus il va dans le temps, plus il sait quelle table est quelle table. Donc c'est assez impressionnant."

Une intégration réussie

Jean-Baptiste reste humble face à son parcours : "J'aime pas me dire non plus que je suis un exemple, que j'ai peut-être mes limites aussi. Je vais pas aussi vite que mes collègues, mais voilà, ici, ils me laissent faire, ils me laissent gérer."

Si quelques incidents ont pu survenir à ses débuts, il reconnaît avec honnêteté : " Ah si, ça m'est arrivé de renverser. Au début, maintenant, moins."

Des perspectives d'avenir prometteuses

Actuellement en contrat à durée déterminée jusqu'à fin janvier, Jean-Baptiste envisage l'avenir avec optimisme : "Là, mon contrat se termine fin janvier, donc après, oui, ça sera CDD ou CDI. Après, oui, je l'espère, c'est bien parti."

Cette expérience suscite l'admiration des clients du restaurant, dont l'un témoigne : "C'est vraiment bien, je trouve, de la part d'un employeur, de prendre des gens comme ça. Mais franchement, quand on voit comment ils se repèrent par rapport à l'espace, c'est impressionnant. »

Article rédigé par

Christophe Penven

Journaliste

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