Le lycée Châteaubriand, symbole d'une mobilisation qui s'élargit
Au lycée Châteaubriand, une centaine de lycéens a bloqué l'entrée de l'établissement. La journée a pris une tournure particulière avec la venue de la Confédération paysanne, venue offrir le petit déjeuner aux manifestants, enseignants comme élèves confondus. Un geste de solidarité interprofessionnelle rare, qui illustre un élargissement du soutien au mouvement lycéen.
Une agricultrice de Corps-Nuds, présente ce matin devant l'établissement, a expliqué les raisons de cette mobilisation aux côtés des jeunes :
« On est d'accord avec leurs revendications qui nous paraissent justes et légitimes. Les gouvernements successifs ont abouti à une dégradation de l'éducation nationale. Nous, on est vraiment pour la défense des services publics. Ils parlent aussi de lycées qui sont mal isolés. Nous, en tant qu'agriculteurs, on subit de plein fouet le dérèglement climatique. Et donc, on est de tout cœur avec eux pour pousser le gouvernement à agir sur ces questions-là. »
Tensions devant le lycée Émile Zola
La matinée a également été marquée par plusieurs autres blocages, notamment devant le lycée Émile Zola. Une centaine de lycéens y a mis en place un barrage filtrant, laissant passer les collégiens avant de bloquer la circulation. La situation a dégénéré avec le déclenchement d'un feu de poubelle, contraignant les forces de l'ordre à intervenir et à utiliser un canon à eau pour éteindre les flammes.
« On n'a plus de perspective d'avenir »
Derrière les blocages, les lycéens expriment une inquiétude profonde face à leur avenir professionnel. Une lycéenne interrogée sur place a résumé le sentiment général :
« Même avec un master, on voit qu'on ne trouve plus de travail. Donc c'est une inquiétude en plus pour les jeunes qui ont l'impression de devoir faire beaucoup, donner beaucoup pour au final ne même pas réussir à avoir un travail. On n'a plus de perspective d'avenir et c'est vrai que c'est décourageant. »
Interrogée sur la suite du mouvement, elle a affiché une détermination sans ambiguïté :
« Oui, ça devient compliqué, mais on ne va pas lâcher et on n'est pas réellement écoutés. Ils essayent de faire des petites choses pour nous calmer, mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. »
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