Un chantier hors normes
Les travaux, entamés en 1989 à l'initiative du père de Sylvaine Landon, ont mobilisé artisans et chercheurs durant plus de trois décennies. Toitures, lucarnes et pigeonnier — dont la charpente en rotonde a été entièrement reconstituée — ont été restaurés dans le respect le plus strict des techniques et des matériaux d'époque.
Parmi les réalisations emblématiques du chantier figure une porte en bois massive, dont une copie conforme a été réalisée. Celle-ci présente « des panneaux plis de serviettes qui sont courants de cette époque du Moyen-Âge, du XVe », ainsi qu'une « richesse de sculptures sur des pilastres » et une disposition particulière des écharpes. Selon Max lefret, menuisier charpentier des Ateliers Perrault qui a participé à la restauration, « tous ces ouvrages-là ont été respectés fidèlement, repris quand ça n'était pas suffisamment ajusté », permettant de « remettre en place la copie identique de la porte ancienne ».
Une démarche scientifique et patrimoniale rare
Ce qui distingue cette restauration des chantiers habituels réside dans la continuité humaine et intellectuelle du projet. Sylvaine Landon, dont le père est à l'origine de l'initiative, souligne le caractère singulier de cette entreprise :
« Cette restauration est unique parce qu'elle a mobilisé les mêmes personnes pendant 35 ans, profité de recherches scientifiques tout à fait exceptionnelles et rares dans une restauration privée. Et elle a toujours été faite dans le but d'être le plus fidèle possible à l'histoire, à la vérité de ce lieu et à ce qu'il peut transmettre d'une civilisation et d'une culture qui a disparu : celle du Moyen-Âge. Et ça, ça a été le but unique de mon père pendant toutes ces années. »
Le domaine appartient aujourd'hui à un fonds de dotation, garant de sa préservation et de sa transmission au public.
Des visites guidées jusqu'en novembre
Le château accueille désormais les visiteurs dans le cadre de visites guidées exclusivement. Ses murs abritent une collection de meubles d'époque, décrite comme fragile, dont la reproduction photographique n'est pas autorisée. Le public dispose d'une fenêtre ouverte jusqu'en novembre prochain pour découvrir ce patrimoine médiéval préservé avec une rigueur rare.
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