Une loi aux pouvoirs élargis pour le préfet
Entrée en vigueur en juin 2025, cette législation confère au préfet la capacité d'engager l'expulsion d'une famille de son logement lorsque l'un de ses membres est impliqué, de près ou de loin, dans un trafic de stupéfiants. À Rennes, 17 dossiers sont actuellement à l'instruction selon la préfecture, et une première famille a déjà été contrainte de quitter son logement à la suite d'une injonction du préfet Franck Robine.
Ce dernier a justifié la démarche sans ambiguïté : « La seule chose qui m'intéresse, c'est la tranquillité de ceux qui subissent ces désordres. Et je vais vous dire, il ne faut renoncer à rien. »
Une mobilisation citoyenne devant la cité judiciaire
L'audience n'est pas passée inaperçue. Un collectif d'habitants s'est réuni ce matin devant la cité judiciaire pour dénoncer ce qu'il considère comme une mesure disproportionnée. Parmi les manifestants, une habitante a exprimé ses inquiétudes :
« C'est censé être une mesure pour apporter plus de sécurité dans le quartier. Moi, ça m'insécurise. Je me dis, si quelqu'un de notre famille fait une erreur, se soit retrouvé dans le trafic de drogue, ça peut arriver à tout le monde, vu la précarité actuelle. Et voilà, on se retrouve hors de son logement. Déjà que c'est quand même très difficile de se loger à Rennes. »
Cette prise de parole illustre les tensions que suscite la loi dans les quartiers concernés, où la crainte d'une perte de logement s'ajoute à un contexte déjà marqué par la précarité et la pression du marché immobilier rennais.
Un délibéré attendu le 5 mai
Pour la famille entendue ce matin, l'issue reste incertaine. Le délibéré sera rendu le 5 mai prochain. Cette première affaire jugée à Rennes pourrait faire office de précédent et dessiner les contours de l'application locale de cette loi controversée.
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