Une intervention nécessaire
Cette opération répondait à une urgence de préservation du patrimoine. Le clocher présentait des signes inquiétants de dégradation, fragilisé par les effets du temps et les vibrations causées par les cloches. "Comme vous pouvez le voir ici, par exemple, les ardoises étaient en train de se détacher. Et donc, bien entendu, elle chutait pas très loin du clocher, donc situation de risque tout de même", explique le maire.
Une cloche fissurée de 800 kg a également été descendue à cette occasion pour être réparée.
Un chantier à ciel ouvert
La solution retenue consiste à restaurer entièrement le clocher au sol, créant ainsi un véritable atelier en plein air. Les travaux comprennent le remplacement des ardoises et la rénovation d'une partie significative de la charpente. "La meilleure solution était de prendre le clocher, de le déposer, d'enlever les ardoises, de refaire une partie de la charpente en ajoutant environ un tiers du bois à l'intérieur à changer", précise-t-on.
Cette méthode présente des avantages logistiques considérables pour les artisans spécialisés dans la restauration du patrimoine. "L'échafaudage c'est quand même plus simple pour eux de partir du sol et de remonter 17 mètres d'échafaudage plutôt que de rajouter 17 mètres d'échafaudage là-haut. Et puis pour les ardoises et autres, ils n'ont pas besoin de tout monter en stockage là-haut, donc c'est quand même moins de maintenance." explique Karin Gaudin l'architecte.
Un effort financier conséquent
Malgré les subventions de l'État, de la région et du département, la commune de Chanteloup doit assumer une part importante du coût de cette restauration. "Le reste à charge pour la mairie de Chanteloup s'élève à environ 300 000 euros. C'est énorme pour une commune de 2000 habitants", souligne Vincent Minier.
Ce montant représente un investissement majeur pour la petite commune : "C'est un investissement annuel. Quand on fait celui-là, on ne peut rien faire d'autre à côté." Malgré cette contrainte budgétaire, la préservation de ce patrimoine est jugée essentielle : "C'est de la sauvegarde, mais c'est tout aussi important parce que l'histoire de la commune, c'est aussi l'histoire de son clocher ou des autres maisons qui l'entourent, qui sont des vieilles maisons."
Selon le calendrier prévisionnel, le clocher et sa cloche devraient retrouver leur place originelle en novembre prochain, après plusieurs mois de travaux minutieux.
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