Un premier cas mortel et une propagation inquiétante
Le 3 février 2025, une étudiante de 18 ans est décédée à Rennes des suites d'une méningite à méningocoque B, une infection qui progresse de manière fulgurante. Cette maladie, bien que rare, est extrêmement grave et nécessite une prise en charge rapide. "Quand il y a les taches rouges, on a très peu de temps. On a trois heures, maximum six heures pour agir" explique Dr Bertrand Gagnière de Santé Publique France
Suite à ce décès, trois personnes de l'entourage de la jeune femme résidant à Chantepie ont été hospitalisées après avoir contracté cette maladie qui se transmet par la toux, la salive et les contacts rapprochés. Les spécialistes rappellent que la tranche d'âge 15-24 ans est particulièrement vulnérable à ce type d'infection : "C'est quand même l'âge où on a le plus d'interactions sociales. Et donc toutes les maladies qui se nourrissent d'interactions sociales sont plus fréquentes quand on a plus d'interactions sociales, ça c'est sûr" précise le Professeur Revest du CHU Rennes.
Un cluster identifié dans une école de commerce
Un mois après ce premier cas mortel, un cluster a été découvert au sein de la Rennes School of Business, poussant l'Agence Régionale de Santé à lancer une campagne de vaccination dans les locaux de l'établissement. La population étudiante s'est montrée particulièrement réceptive à cette initiative, comme en témoigne un étudiant : "La personne qui était morte à Rennes, ça m'a confirmé qu'il fallait vraiment faire ce vaccin. Et comme j'ai vu qu'il y avait trois cas à Rennes School of Business, je me suis dit qu'il fallait que je le fasse."
Une campagne de vaccination massive
Face à cette situation préoccupante, le ministre de la Santé s'est déplacé à Rennes pour inviter "tous les jeunes de 15 à 24 ans qui habitent ou étudient sur le territoire de Rennes-Métropole à se faire vacciner contre la méningite." Il a également assuré que "l'ensemble des doses de vaccins nécessaires seront les riverais sur le territoire de la métropole dans les jours qui viennent, à partir de mercredi."
Dès le 6 mars, des milliers de jeunes se sont rendus dans les centres de vaccination installés sur les campus rennais et dans certains lycées, comme à Bréquigny. La directrice de l'ARS Bretagne a salué "l'adhésion, dans tous les cas, des jeunes à cette vaccination", tout en rappelant que "le message principal, c'est qu'il faut que l'ensemble des jeunes aillent se faire vacciner, soit en ville, soit dans les centres."
Des résultats encourageants
Fin avril, deux lycéens ont été hospitalisés au CHU de Rennes, constituant les derniers cas recensés de cette épidémie. En mai 2025, plus de 65 000 jeunes avaient reçu au moins une dose de vaccin contre la méningite, témoignant du succès de cette campagne de santé publique.
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