Dans les rangs des travailleurs réunis pour connaître leur sort, les larmes ont rapidement succédé à la tension accumulée. La réalité du chômage s'impose désormais à des hommes et des femmes dont certains approchent la fin de carrière. «À 55 ans, pour trouver du travail dans la région de lorientais, ça va être très compliqué», confie l'un d'eux, tandis que ses collègues s'enlacent et s'encouragent mutuellement.
Un gâchis industriel aux responsabilités disputées
Pour les organisations syndicales, les responsables de ce qu'elles qualifient de naufrage sont clairement identifiés. «Aujourd'hui, l'histoire de France-Bretagne bascule dans un drame humain et industriel inacceptable», ont-elles déclaré, ajoutant que «la perspective du licenciement économique de l'ensemble des salariés marque le terme tragique d'un gâchis industriel qui aurait pu et dû être évité».
L'usine de Caudan a enchaîné les difficultés depuis son rachat l'année dernière par le groupe Europlasma. Un incendie, puis un redressement judiciaire prononcé au cours de l'été dernier ont précipité la chute du site.
Les élus locaux, qui avaient dénoncé ce gâchis, pointent également la responsabilité de l'État dans cette issue fatale. «L'État avait trois leviers, il n'a décidé d'en actionner aucun», a-t-on entendu parmi les voix critiques. Le constructeur automobile Renault est également mis en cause : «Renault et l'État doivent être au rendez-vous», ont réclamé les représentants des salariés.
Un dernier combat pour les indemnités
Avant la fermeture définitive des grilles du site à 18h00, les employés ont effectué une ultime fois le chemin de leur usine. Au-delà du choc émotionnel, leur combat se poursuit désormais sur le plan juridique et financier : obtenir de Renault des indemnités de licenciement «à la hauteur de leurs préjudices».
La page d'un site industriel vieux de près de soixante ans se referme ainsi, laissant derrière elle des centaines de familles face à un avenir incertain.
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