Dès 8h ce matin, deux établissements rennais étaient bloqués par des lycéens mobilisés. Devant le lycée Bréquigny, comme devant le lycée Émile Zola, des barricades ont été érigées, parfois enflammées, et des feux de poubelle ont été allumés, malgré les consignes et l'interdiction de s'approcher des établissements. Les forces de l'ordre, présentes sur place, sont néanmoins restées à distance, de l'autre côté des quais, comme elles l'avaient fait lors de la précédente journée de mobilisation mardi.
Des personnels de l'éducation nationale se sont joints aux lycéens avant le début de la manifestation, prévue en milieu de matinée. Le cortège a officiellement pris son départ à 11h30, non sans tensions : un groupe d'individus cagoulés avait tenté de devancer le départ du rassemblement. La préfecture, qui avait mis en garde contre ce rassemblement non déclaré, a annoncé 3 à 4 000 participants dans le cortège à midi.
Une mobilisation en léger recul
Selon les premières observations, la mobilisation semble moins importante que celle du mardi précédent, et l'ambiance dans les rues de Rennes paraît plus calme. Le mouvement s'inscrit toutefois dans une dynamique nationale de contestation lycéenne, sur fond de tensions avec le gouvernement.
Les enseignants face aux injonctions gouvernementales
Dans ce contexte, le gouvernement a demandé aux établissements scolaires d'engager le dialogue avec les élèves. Une injonction accueillie avec scepticisme par une partie des enseignants. L'un d'entre eux, interrogé a exprimé ses réserves :
« Les temps de démocratie, ça s'organise en interne, qu'il faut faire confiance aux personnes d'éducation pour les organiser, que ça se fait pas au pied levé au dernier moment en imposant d'abord une journée banalisée, puis une demi-journée, puis seulement deux heures. C'est un vrai bazar, c'est un chaos. Et donc, en fait, ce qu'on nous demande, c'est des moyens et de la confiance, parce qu'on sait faire les choses. »
Cette déclaration illustre le malaise d'une partie du corps enseignant, qui dit manquer à la fois de temps et de moyens pour mettre en œuvre les mesures demandées par les autorités.
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