Un arbitrage budgétaire douloureux
Sur le terrain du complexe sportif des Omblais devait prendre forme, dans les mois à venir, un ambitieux projet de quatre terrains de tennis couvrant près de 3 000 mètres carrés. Mais la municipalité a finalement décidé de renoncer à ce chantier estimé à 4 millions d'euros, préférant prioriser la rénovation de ses groupes scolaires et de sa médiathèque.
La canicule a joué un rôle déterminant dans ce revirement. Des pointes à 33 degrés ont en effet été enregistrées dans l'école élémentaire des Omblais, rendant urgente une mise aux normes thermiques du bâtiment. Face à cette réalité, la mairie a choisi d'avancer le calendrier des travaux scolaires, reléguant le projet tennistique au second plan.
Un élu municipal a reconnu la difficulté de cet arbitrage : « Comment on fait pour aussi bien améliorer nos groupes scolaires, améliorer notre médiathèque, tout en maintenant un projet comme celui-ci, celui du tennis, un projet à 4 millions. Il a fallu se poser des questions et financièrement on ne pouvait pas tout faire. Pour nous aussi, élus, c'est un crève-cœur. »
Comme de nombreuses collectivités, la ville de Betton subit la baisse des dotations de l'État, ce qui contraint ses marges de manœuvre budgétaires. La municipalité prévoit d'investir 4 millions d'euros en 2026, désormais fléchés vers la rénovation scolaire.
Le club de tennis sous le choc
Pour l'association Tennis Betton, qui regroupe 360 adhérents et emploie 4 salariés, cette décision constitue un coup dur après huit années consacrées à l'élaboration du projet. « C'est une énorme déception, une désillusion. Après, voilà, on a, nous avons des arguments face à nous qui sont tout à fait inattaquables, donc comment ne pas passer pour un club d'égoïste », a confié un représentant du club.
Pour tenter de compenser l'abandon du complexe, la mairie envisage de moderniser la salle existante pour un montant estimé à 1,5 million d'euros. Des travaux porteraient notamment sur le revêtement et la toiture, qui contient de l'amiante. Mais cette solution de repli ne satisfait pas les bénévoles du club, qui s'interrogent sur les modalités concrètes de cette rénovation : « Combien de temps cette salle sera fermée ? Que faisons-nous de nos salariés ? Que faisons-nous de nos adhérents ? Est-ce qu'on arrête les compétitions ? Ça, on ne nous a rien dit et surtout pas consulté pour cette chose-là. »
La situation a conduit le président de l'association à annoncer son départ : « J'ai déjà annoncé ma démission pour la fin de la saison, l'AG est organisée le 11 novembre. »
Un défi qui dépasse les frontières de Béton
La situation de Betton illustre une problématique bien plus large. De plus en plus de communes d'Ille-et-Vilaine se trouvent contraintes de réadapter leurs budgets face à l'urgence climatique. À l'échelle nationale, 50 000 bâtiments scolaires doivent être rénovés en France, pour un coût estimé à 50 milliards d'euros, révélant l'ampleur du défi auquel font face les collectivités locales dans les années à venir.
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