Rennes et l'affaire Dreyfus : le musée de Bretagne inaugure une nouvelle exposition permanente

Rennes et l'affaire Dreyfus : le musée de Bretagne inaugure une nouvelle exposition permanente

Le musée de Bretagne consacre une place centrale au capitaine Alfred Dreyfus dans son nouveau parcours d'exposition permanente. À travers une scénographie immersive, l'institution invite les visiteurs à replonger dans le Rennes du XIXe siècle, une ville profondément marquée par l'une des affaires judiciaires les plus retentissantes de l'histoire française.

Article publié le : 13 juillet 2026

Thématique : Culture

Une ville comme décor

L'exposition s'appuie sur les liens géographiques et historiques qui unissent Rennes à l'affaire Dreyfus. Le visiteur est invité à reconnaître les lieux emblématiques de la ville tels qu'ils existaient à l'époque : « on reconnaîtra le lycée, ses grilles qui sont toujours présentes, reconnaîtra les pavés de la place entre l'Opéra et l'hôtel de ville, reconnaîtra les cafés qui étaient autour de ce qu'on appelle aujourd'hui République ». L'objectif est clair : ancrer le récit historique dans un espace urbain familier, afin que « cette histoire, elle est très ancrée dans la ville de Rennes ».

Des archives pour redonner vie à un homme

Journaux d'époque, caricatures et lettres constituent le cœur documentaire de l'exposition. Ces sources primaires permettent d'aller au-delà des faits bruts pour restituer la dimension humaine du dossier. « L'histoire est constituée d'hommes qui sont des noms sur des papiers », souligne-t-on. « Cette exposition avec des lettres qu'on peut lire permet justement de représenter toute l'âme de cet homme qui est souvent oublié. »

Rendre hommage aux défenseurs de la justice

L'exposition met également en lumière celles et ceux qui ont combattu l'antisémitisme depuis Rennes, à commencer par Victor et Hélène Bach, figures locales du dreyfusisme. Ces militants « ont fondé la section Rennes de la Ligue des Droits de l'Homme » et se sont engagés, selon les mots rapportés, « à la fois pour non seulement faire reconnaître l'innocence d'Alfred Dreyfus, mais aussi pour montrer cette machination, cette injustice d'État ». Qualifiés d'« honneur d'une ville » selon une formule attribuée à André Hélard, ces personnages jusqu'ici peu connus du grand public trouvent enfin une reconnaissance institutionnelle.

Une mémoire gravée dans la ville

Au-delà des murs du musée, le nom d'Alfred Dreyfus s'inscrit désormais dans l'espace public rennais, témoignage durable d'une volonté de mémoire collective. Une manière pour la capitale bretonne de ne jamais oublier le rôle qu'elle a joué dans l'une des plus grandes affaires politiques et judiciaires que la France ait connues.


​Plus d'informations sur l'exposition : leschampslibres

Article rédigé par

Raphaèle Tondriaux - Gautier

Journaliste

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