Manifestation du 5 novembre à Rennes : une mobilisation massive

Manifestation du 5 novembre à Rennes : une mobilisation massive

Rennes, jeudi 5 novembre — La journée de mobilisation intersyndicale nationale a donné lieu à l'une des plus importantes manifestations récentes dans la capitale bretonne. Réclamer une augmentation générale des salaires et défendre les services publics constituaient les principaux mots d'ordre de ce rassemblement, programmé de longue date pour coïncider avec la contestation lycéenne en cours depuis plusieurs semaines.

Article publié le : 5 novembre 2026

Thématique : Infos

Une mobilisation d'ampleur

Les chiffres de participation varient selon les sources : 21 000 manifestants selon la préfecture, 32 000 selon Ouest-France, et jusqu'à 35 000 selon les syndicats. Le cortège a pris son départ à 13h place de Bretagne, dans une ambiance festive animée par la présence de nombreux musiciens, avant de cheminer sur les grandes avenues rennaises en direction du pont de Nantes, puis du boulevard de la Liberté, pour finalement rejoindre l'esplanade Charles-de-Gaulle vers 17h.

Agents de la fonction publique et salariés du secteur privé défilaient côte à côte, portant des revendications larges et variées, principalement autour du pouvoir d'achat. Parmi les manifestants, certains n'avaient pas battu le pavé depuis près de quarante ans.

«Il n'y a rien qui va, rien. L'emploi, les salaires, le coût de la vie, le foutage de gueule aussi.», témoignait l'un des participants. Un autre évoquait un sentiment d'exaspération plus profond : «Il y a un cri de colère de la part de la population qui existe depuis très très longtemps et qui n'est pas existé au fil des mandats et au fil des prises de position. Donc ça révolte un petit peu.»

Les syndicats unis et déterminés

L'intersyndicale, qui défilait unie, s'est montrée satisfaite de l'ampleur de la mobilisation et déterminée à poursuivre le mouvement. «Ce qui est en train de se passer là, c'est le début d'une très, très grosse mobilisation. Aujourd'hui, ça va être massif. On a des taux de grévistes déjà qui sont très intéressants dans beaucoup de secteurs. Mais ce ne sera pas fini aujourd'hui. Le gouvernement, le patronat, se sont à deux doigts de lâcher. À nous d'enfoncer le clou par la grève», a déclaré un représentant syndical en cours de défilé.

Des tensions et violences en marge du cortège

La manifestation a cependant été perturbée à plusieurs reprises par des incidents. Le cortège a été bloqué un long moment par les forces de l'ordre au milieu de l'avenue Janvier, en raison de la présence d'individus masqués ayant procédé à des dégradations sur la voie publique et dans un hôtel. Selon la préfecture, plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées.

Ces mêmes militants radicaux s'en sont également pris physiquement aux représentants syndicaux. «On a été littéralement attaqués», a dénoncé Fabrice Lerestif, de Force Ouvrière 35. Mathieu Cocq, de la CGT, a quant à lui qualifié la situation d'«insupportable de se faire attaquer comme ça», tout en relativisant : «Il y a des gens qui détestent les syndicats dans ce pays, mais c'est un détail, la participation est énorme aujourd'hui. C'est le plus important.»

Place de Bretagne, en fin de journée, de nouvelles tensions ont éclaté. Les forces de l'ordre ont fait usage d'un canon à eau, de bombes lacrymogènes et de grenades assourdissantes pour disperser un groupe d'individus qui jetait des projectiles et érigeait des barricades, provoquant la dispersion d'une partie des manifestants.

Mobilisation dans le reste du département

Dans les autres villes d'Ille-et-Vilaine, le mouvement a également été suivi, dans des proportions moindres : 1 000 participants à Saint-Malo, 250 à Redon et 150 à Vitré.

Tensions dans les lycées

En parallèle, la journée a été marquée par des incidents dans plusieurs établissements scolaires. Des tensions ont éclaté entre lycéens, parents d'élèves et forces de l'ordre, notamment aux abords du lycée Bréquigny. Depuis lundi, plusieurs lycées rennais ont subi des intrusions et des dégradations. En conséquence, plusieurs établissements resteront fermés ce vendredi, dont les lycées Jean-Jaurès, Coëtlogon, Joliot-Curie, Jean-Macé et Théodore-Monod.

Article rédigé par

Alizée Bargain

Journaliste

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