Route du Rhum 2026 : succès populaire à Saint-Malo et hécatombe en mer

Route du Rhum 2026 : succès populaire à Saint-Malo et hécatombe en mer

Les chiffres de fréquentation du village de la Route du Rhum ont été officiellement dévoilés, tandis que la course elle-même est marquée par une série d'abandons retentissants parmi les grands favoris.

Article publié le : 6 novembre 2026

Thématique : Sport


1,35 million de visiteurs malgré la tempête

Le bilan de fréquentation du village de la Route du Rhum à Saint-Malo est tombé : 1 350 000 visiteurs ont arpenté le site durant les treize jours d'ouverture prévus. Un chiffre à relativiser toutefois, puisque la tempête a entraîné une journée complète de fermeture, ainsi que plusieurs demi-journées perturbées. Le pic de fréquentation a été atteint le vendredi 30 octobre, avec 190 000 visiteurs enregistrés en une seule journée.

Par rapport à l'édition précédente, la fréquentation accuse 150 000 visiteurs de moins, une baisse directement imputable aux aléas météorologiques. Pour mesurer l'ampleur du phénomène, ce résultat représente néanmoins l'équivalent de vingt fois le festival du Roi Arthur, réparti sur onze jours. Un succès populaire indéniable, auquel s'ajoutent les milliers de personnes venues assister au départ depuis les côtes, de la pointe du Grouin jusqu'à la pointe du Cap-Fréhel. Sur le plan télévisuel, 2 millions de téléspectateurs ont suivi le départ en direct, soit 20 % de parts de marché.

Une course marquée par une série d'abandons historiques

Depuis le départ donné dimanche, la course tourne au cauchemar pour les favoris. Les chavirages d'Armel Le Cleac'h, de Francis Joyon et de Mathieu Perrault, les problèmes médicaux de Jérémie Beyou et Fabien Delahaye, le démâtage de Quentin Le Nabour, les abandons d'Anthony Marchand et de Charles Gaudreau, tenant du titre — la liste est longue. Au total, au moins neuf skippers ne verront pas la Guadeloupe.

Une telle hécatombe est-elle inédite ? Pas tout à fait. En 2002, la flotte des trimarans — appelés Formats à l'époque — comptait 18 bateaux au départ, et seulement 3 d'entre eux étaient parvenus aux Antilles.

Les skippers malouins toujours dans la course

Du côté des concurrents locaux, le tableau est plus encourageant. Quentin Le Nabour, victime d'un démâtage, est le seul abandon bretillien à déplorer pour l'heure. Maxime Sorel réalise quant à lui une belle remontée et pointe dans le top 5 en IMOCA. En Ocean 50, la situation reste très indécise, même si Basile Bourgnon occupe la tête de sa catégorie. En classe 40, Jules Bonnier a opté pour une route nord qui ne s'est « pas trop trop » avérée payante.

La réalité de la course au large, vue de l'intérieur

Les images embarquées à bord des voiliers malouins donnent un aperçu saisissant des conditions traversées. Entre nuits noires, vagues et accélérations, les skippers décrivent sans détour les réalités du large. « J'ai mis des ris à plus de 35 nœuds de temps en temps. Le bateau dans des surfs à 30 nœuds. Les vagues qui claquent sur l'arrière et qui reviennent projeter dans le cockpit », témoigne l'un d'eux.

L'annonce des chavirages de grands noms de la voile n'a pas manqué de susciter une certaine émotion à bord : « Ça fait toujours un petit peu froid dans le dos d'apprendre que de telles personnalités, avec un tel niveau d'expérience en multicoque, arrivent quand même à se faire surprendre. Comme quoi, le risque zéro, il n'existe pas. »

Avec philosophie, un skipper résume avec humour les paradoxes du marin au long cours : « Est-ce qu'on ne serait pas un peu bipolaires, nous autres ? »

Article rédigé par

Arnaud Benchetrit

Journaliste

Profitez pleinement de l’expérience TVR !

Retrouvez facilement vos émissions favorites
Reprise de votre lecture 
multi-device
Abonnez-vous et soyez alerté par email
Vous possédez déjà un compte ?
JavaScript nécessaire !

Pour visionner nos vidéos et profiter de l'expérience TVR, veuillez activer JavaScript dans votre navigateur.