Rien ne laisse présager l'ampleur de l'installation en surface. Entre l'église et le pont Saint-Hélier, un petit bâtiment occupe une parcelle de 30 mètres sur 10. Pourtant, sous ce discret édifice se cache un ouvrage colossal : un bassin tampon capable de stocker 1 750 mètres cubes d'eau, soit l'équivalent de deux fois la piscine de Villejean. Deux ans de travaux et 5,3 millions d'euros auront été nécessaires à sa réalisation.
Un réservoir taillé pour l'urgence météorologique
Le principe de fonctionnement est simple mais efficace. Lors d'épisodes de fortes précipitations ou d'orages violents, le bassin collecte simultanément les eaux usées et les eaux de pluie afin d'éviter leur déversement direct dans la Vilaine. La capacité de remplissage de l'ouvrage est remarquable : il peut atteindre sa pleine charge en moins de 20 minutes. Une fois l'épisode pluvieux terminé, l'eau stockée est aspirée par une pompe, puis acheminée vers la station d'épuration pour y être traitée.
Les responsables du projet tiennent cependant à clarifier la vocation de cet équipement : « C'est un ouvrage qui ne va pas éviter les inondations. Il va juste éviter en tout cas que l'on ait des déversements dans la Vilaine, des déversements indésirables. Il y a toujours des déversements pour des raisons de sécurité lorsqu'il y a des fortes pluies, mais nous, on investit pour que justement ces débordements soient le plus faible possible en volume et en quantité. »
L'impact attendu est néanmoins significatif : le bassin doit permettre de diminuer de 90 % les rejets dans la Vilaine pour le secteur s'étendant de la rue de Vern au Hautes Ourmes.
Un dispositif de sécurité intégré
À l'intérieur de l'ouvrage, la sécurité est assurée par un réseau de capteurs placés à des points stratégiques. Leur mission est de surveiller en permanence la qualité de l'air ambiant : « des capteurs pour vérifier le taux de méthane, le taux de dioxyde d'hydrogène et d'oxygène, pour pouvoir aussi actionner la ventilation. Il y a une ventilation en permanence du bassin, mais en fonction des taux, la ventilation peut être accélérée pour épurer l'air. »
Un réseau qui va continuer de s'étendre
Le bassin de Saint-Hélier n'est pas un cas isolé. Rennes compte déjà trois autres ouvrages de cette envergure, et de nouveaux bassins tampons sont prévus dans les années à venir. L'objectif affiché est double : prévenir l'engorgement du réseau d'assainissement de la ville et améliorer durablement la qualité de l'eau de la Vilaine.
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