Des quais pris d'assaut dès le matin
À 8 heures du matin en gare de Bruz, en ce milieu de semaine, le constat est sans appel : les voyageurs se pressent sur les quais pour rejoindre Rennes. La scène ne laisse pas indifférent l'un des usagers réguliers : « Moi, j'étais très étonné parce que ma femme prend le 7h30. Le quai est plein. Le soir, c'est plein. Je ne sais pas si ça ne manque pas un peu de place, du coup, dans la rame, parce qu'on est tous debout. »
Un choix avant tout économique
François utilise le TER depuis près de trois ans, bien avant la récente crise des carburants. Pour lui, comme pour la majorité des voyageurs, la dimension financière a été déterminante dans ce changement d'habitude. Il résume l'équation simplement : « Un passe-train métro, ça me coûte 1,70 €. Si je prenais ma voiture diesel, j'aurais au moins pour 5 €. Ah bah oui, puisque l'employeur rembourse en plus une partie des frais de transport, donc ça ne me coûte quasiment rien. 38 € par mois et il y a 50 par l'employeur. Il n'y a pas photo en gains financiers et en temps. »
Une progression confirmée par les chiffres
La tendance se confirme sur le plan statistique. La fréquentation des TER a progressé de 8% entre le premier semestre 2025 et celui de 2026. Chaque jour, 440 circulations assurent le transport de 54 000 voyageurs, desservant 126 gares réparties sur l'ensemble du territoire breton.
La région accélère son offre
Pour répondre à cette demande croissante, la Région Bretagne a décidé d'accélérer le développement de son offre ferroviaire. 30% de trains supplémentaires ont ainsi été déployés sur l'axe Rennes-Nantes depuis le mois de septembre. Un responsable régional précise l'ambition du programme : « En novembre 2021, on a décidé de mettre 20% de trains supplémentaires à horizon de 2030. On est allé assez vite, si vite qu'en 2027, en septembre 2027, nous aurons 20% de TER supplémentaires en Bretagne. On a commencé par l'Étoile Rennaise, c'était en septembre 2024. Ensuite, on est allé en Bretagne Sud et nous allons faire 29 circulations supplémentaires pour Bretagne Nord. »
Un investissement massif pour la collectivité
La Région Bretagne dispose désormais d'un parc de 98 rames de train, enrichi récemment par l'acquisition de 9 nouvelles rames électriques. Ce développement a cependant un coût significatif pour les finances publiques. Le budget ferroviaire représente aujourd'hui le premier poste budgétaire de la région, à égalité avec les lycées, s'élevant à 500 millions d'euros par an.
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