Dans quelques jours, le panneau actuel de la place sera remplacé par une nouvelle plaque : Place Robert Barré, maire de 1989 à 2008. Ce changement, promesse de campagne du nouveau maire bruzois Jean-René Houssin, est prévu pour le 11 septembre. Mais cette décision ne fait pas l'unanimité, loin de là.
Une désorientation redoutée pour les patients
Parmi les premiers à s'élever contre ce changement, les nombreux professionnels de santé installés sur la place. Leur principale crainte : les difficultés d'orientation que pourraient rencontrer leurs patients venus de loin. « Je vois des patients qui viennent de Saint-Brieuc, de Redon, de Laval. Eux, ils s'orientent avec le GPS et au mois de septembre, quand il va mettre la place de Robert Barré sur le GPS, ça n'existera pas. Ça va vraiment les énerver. », témoigne l'un d'eux.
Au-delà du désagrément, une sage-femme exerçant dans le cabinet médical du Vert-Buisson, situé sur la place, pointe un risque bien plus grave : celui de la sécurité des soins. « C'est le risque de l'urgence que nous n'allons pas pouvoir voir en temps et en heure pour une patiente qui peut ne pas trouver notre cabinet assez rapidement. Une jeune patiente qui arrive avec des saignements peut, en l'espace d'une heure, dégrader son état général et nous faire craindre un risque vital. »
La mairie assure avoir pris les dispositions nécessaires
Face à ces inquiétudes, le maire Jean-René Houssin se veut rassurant. Il affirme que la signalétique de la place sera largement améliorée et que l'ancien nom restera indiqué pendant un temps. « Nous avons prévenu l'ensemble des services au niveau national, des services de l'État, ainsi qu'une banque d'adresse nationale, là où vient Google Maps, OAS, rechercher ces informations », a-t-il déclaré.
Un fardeau administratif redouté
Au-delà de la question de l'orientation, les praticiens médicaux du Vert-Buisson dénoncent également les conséquences administratives d'un tel changement d'adresse. « Changement d'adresse, changement de siret. Et dans ce cas-là, c'est un délai de plusieurs semaines sans pouvoir passer de carte vitale, c'est-à-dire en réalisant des feuilles de soins papiers, ce qui va être déjà chronophage pour nous », explique l'un des praticiens.
Ce dernier tient par ailleurs à préciser la nature de son opposition : « Si je lutte pour que ça ne se fasse pas, c'est surtout pas contre l'ancien maire. C'est parce que je sais que l'ensemble des professionnels de santé et l'ensemble des commerçants vont rentrer dans des démarches administratives d'une lourdeur sans nom. »
Un collectif mobilisé avant le 11 septembre
Un collectif de professionnels et de commerçants espère encore décaler l'inauguration prévue le 11 septembre et souhaite relancer le débat lors d'un prochain conseil municipal. La mobilisation se poursuit donc, à quelques jours d'une date qui s'annonce décisive.
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