Tout a commencé il y a plus de trois décennies, lorsque Patrick décide de quitter la chaîne de montage de l'usine Bridel pour reprendre un commerce de proximité dans ce petit bourg d'Ille-et-Vilaine. En prenant les rênes de l'établissement, il y apporte rapidement sa touche personnelle : « J'ai fait quelques travaux et j'ai fait des concerts dès le départ. »
Une aventure humaine et musicale qui aura duré, selon ses propres mots, « 34 ans et demi ».
Une scène tremplin pour des artistes devenus incontournables
Au fil des années, la petite salle du bar de Saint-Péran s'est imposée comme un lieu de découverte musicale inattendu. Plus d'un millier de groupes se sont succédé sur cette modeste scène, parmi lesquels Tagada Jones et Mass Hysteria, qui ont depuis lors foulé les planches de l'Olympia ou du Hellfest.
Mais toutes les occasions n'ont pas été saisies. Patrick reconnaît ainsi être passé à côté de Louise Attaque, le chanteur lui ayant pourtant envoyé une cassette avant que le succès ne frappe.
La réalité du bistrot rural
Derrière l'image festive se dessine aussi le quotidien, parfois difficile, du commerce en milieu rural. Si la population de Saint-Péran a plus que doublé depuis l'arrivée de Patrick — passant de 170 à 400 habitants — cette croissance démographique n'a guère changé la fréquentation de l'établissement : « Les gens du village, on ne les voit pas beaucoup, en fait. Et l'été, c'est mieux, avec les touristes et la terrasse. Mais l'hiver, c'est un peu la galère. »
Pour faire tourner la boutique, Patrick a diversifié les services proposés : dépôt de pain, tabac, retrait d'argent et vente de bouteilles de gaz ont permis de maintenir un minimum de passage au fil des saisons.
Son rôle dans la vie locale est unanimement reconnu. Un habitant du village résume : « Patrick faisait le tabac, les concerts, c'était l'animation qu'il y avait dans le bourg. Ça fait une petite larme. »
Une retraite sans amertume
À l'heure du bilan, Patrick aborde cette transition sans regret. Il prévoit de vendre sa licence 4, tout en conservant le bâtiment, qu'il entend transformer en logement.
Un dernier week-end en musique
Pour clore ce chapitre, le bar de Saint-Péran organise un ultime week-end festif : des concerts punk rock sont prévus le samedi, suivis d'une grande fête en extérieur le dimanche. Un dernier pogo en guise d'au revoir, fidèle à l'esprit qui aura animé les lieux pendant plus de trois décennies.
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