Au cœur du projet, une règle non négociable : chaque classe CHAMS doit compter autant de filles que de garçons. En quatrième, la classe concernée accueille ainsi dix élèves de chaque sexe. Une contrainte assumée, qui semble porter ses fruits. Les élèves interrogées témoignent d'un engouement certain pour les enseignements dispensés. « C'est bien, c'est intéressant, on apprend beaucoup de choses et on s'ennuie pas. On fait plein de recherches donc c'est cool », confie l'une d'elles.
L'ambiance de travail paraît également propice à la confiance en soi. « On est tout le temps capable que les garçons, même parfois, on fait mieux », affirme une autre élève.
Lutter contre le décrochage scientifique des filles
L'enjeu dépasse le cadre du collège. Les enseignants constatent un phénomène préoccupant à l'entrée au lycée : les filles, pourtant compétentes dans les matières scientifiques, abandonnent ces filières. « On constate par la suite, notamment dès le lycée, que beaucoup de filles qui ont de grandes compétences dans les disciplines scientifiques, elles arrêtent en fait », explique l'un des professeurs impliqués dans le dispositif.
Pour inverser cette tendance, le choix a été fait de mettre en lumière des modèles féminins inspirants. L'astronaute française Sophie Adenot, dont la sortie dans l'espace depuis la Station Spatiale Internationale a récemment marqué les esprits, a ainsi servi de support pédagogique. Les élèves étaient invités à vérifier l'exactitude des données présentées dans un reportage consacré à cet événement. « On a envie de leur montrer qu'elles peuvent faire des sciences, qu'il y a plein de métiers passionnants et qu'il y a plein de femmes chercheuses, de femmes qui ont fait des belles carrières scientifiques. Donc là, c'est ce qu'on met un petit peu en avant avec Sophie Adenot », précise l'enseignant.
Un dispositif enrichi et ancré dans une longue tradition
Au-delà des cours, les élèves bénéficieront tout au long de l'année de rencontres avec des chercheurs, de visites d'entreprises et de laboratoires. Le programme prévoit également un co-enseignement de deux heures par semaine, mêlant mathématiques et physique-chimie.
Pour le collège Jean Charcot, cette participation n'est pas un hasard. L'établissement dispose d'une option science depuis quatorze ans et d'une solide expérience en matière de partenariats scientifiques. « On a donc une expérience de partenariat déjà avec des chercheurs. On avait des expériences de communication avec Thomas Pesquet en 2016. Il y avait une certaine logique à poursuivre. L'option science l'a basculé en classe CHAMS », rappelle la direction du collège.
Une expérimentation à l'échelle de toute l'Académie de Bretagne
Ce dispositif s'inscrit dans une dynamique plus large. Au total, 27 classes CHAMS sont expérimentées depuis la rentrée dans l'ensemble de l'Académie de Bretagne, faisant de cette initiative une démarche structurée à l'échelle régionale, dont les résultats seront suivis avec attention.
Article rédigé par