Plusieurs éléments expliquent cette contraction du marché. La baisse du pouvoir d'achat, la hausse des taux d'intérêt, une instabilité politique et des prix orientés à la baisse constituent les principaux freins identifiés par les professionnels du secteur.
Parmi les difficultés rencontrées, les agents immobiliers pointent notamment le décalage entre les attentes des vendeurs et la réalité du marché actuel. Un phénomène directement lié à la flambée des prix observée entre 2020 et 2022.
« Il y a eu tellement une flambée des prix, vous savez, de 2020, 2022, toutes ces années-là, on connaît forcément un voisin ou quelqu'un de la famille qui a vendu à tel prix, etc. Et on a envie de vendre au même prix que lui, c'est normal, sauf que c'est pas les mêmes taux qui sont appliqués aujourd'hui, qui étaient appliqués à l'époque. »
Le fossé entre les prix d'hier et ceux d'aujourd'hui rend la négociation particulièrement délicate. Convaincre les vendeurs d'ajuster leurs prétentions à la réalité du marché reste le principal défi des professionnels :
« Ce qui est dur, c'est vraiment ça, de faire entendre le prix aujourd'hui aux gens qui sont vendeurs. »
Des prix stables selon les notaires, mais un volume en baisse
Si les agents immobiliers observent une tendance baissière des prix, les notaires bretons nuancent ce constat. Leurs données ne font apparaître, pour l'heure, ni pour Rennes ni pour le reste de la région, de baisse marquée des prix :
« On a des prix qui sont stables. Mais en tout cas, on n'a pas de nouvelles envolé des prix. »
En revanche, le recul du volume de transactions est lui bien réel et documenté :
« Malgré tout, malgré des prix réajustés aujourd'hui au marché, on a effectivement une activité en termes de transactions qui est moindre, un marché qui est ralenti. Et c'est vraiment ce qu'on constate sur l'ensemble des départements. »
La Bretagne dans la tendance nationale
Le ralentissement observé en Bretagne ne constitue pas une exception. Comme le soulignent les notaires de la région : « la Bretagne ne fait pas bande à part par rapport au reste de la France. »
Plus préoccupant encore, ce ralentissement pourrait s'inscrire dans la durée. Selon les notaires bretons, la morosité du marché immobilier régional pourrait se prolonger jusqu'en mai 2027, soit jusqu'à la prochaine élection présidentielle.
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