Des positions diamétralement opposées
Les opposants au projet expriment de fortes inquiétudes quant aux véritables intentions de l'entreprise. "C'est une start-up canadienne de spéculateurs qui cherchent de l'or, qui veulent s'enrichir très vite. Et nous, on n'aura rien. Et en plus, l'or, ce n'est pas un métal stratégique ni critique", affirme un détracteur du projet.
De son côté, Breizh Ressources tempère ces craintes en précisant que l'objectif actuel est simplement d'étudier le potentiel du sous-sol. Un représentant de l'entreprise explique : "Il nous faut une quinzaine d'années pour définir un projet, un gisement qui soit de nature économique si tout va bien. Les statistiques au monde, c'est 5% des projets aboutissent à une mine."
Un débat sur l'indépendance stratégique
L'entreprise met en avant l'argument de l'autonomie en matières premières : "En Europe, on consomme 30% des métaux produits au monde. Et on n'en produit quasiment pas." Elle souligne également que s'approvisionner à l'étranger implique de se fournir "dans des pays qui ne se sont pas dotés, comme la France, de moyens de régulation forts."
Cette vision est contestée par les opposants qui répliquent : "On n'est pas tout à fait d'accord sur la sévérité des réglementations des mines. On a des pays d'Amérique qui ont des réglementations sur les mines qui sont plus strictes en Europe." Ils plaident également pour d'autres solutions : "Aujourd'hui, ce qu'on constate, c'est qu'il n'y a aucun recyclage de la plupart des métaux recherchés. Donc il y a vraiment un travail aujourd'hui à faire autour du recyclage avant d'aller ouvrir de nouvelles mines."
Une stratégie de résistance locale
Pour contrer ce projet, les opposants mobilisent les propriétaires terriens. "Notre arme atomique, c'est le refus d'exploration. Faites-les signer et demandez à ceux qui signent de faire signer leurs voisins", explique un militant. Bien que les ressources minières appartiennent légalement à l'État français, la prospection nécessite l'accès à des terrains privés.
Les associations s'organisent donc méthodiquement : "On fait du porte-à-porte, on demande aux élus de prendre des délibérations. On a passé aussi beaucoup par la sensibilisation sur les dangers."
Face à cette mobilisation, Breizh Ressources intensifie sa communication à travers des webinaires et des campagnes d'information. Ce bras de fer entre sensibilisation citoyenne et pédagogie entrepreneuriale ne fait que commencer.
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