La Grange aux 2 CV tire sa révérence : liquidation d'une entreprise passionnée

La Grange aux 2 CV tire sa révérence : liquidation d'une entreprise passionnée

Mardi matin, dans une atmosphère mêlant nostalgie et effervescence mécanique, plus de 300 lots issus de la Grange aux 2 CV étaient mis aux enchères. La liquidation de cette entreprise spécialisée dans la rénovation de la mythique Citroën 2CV marque la fin d'une aventure familiale et artisanale de huit ans.

Article publié le : 21 avril 2026

Thématique : Société

Ça pétarade, ça fume, ça tremble et ça klaxonne sous les yeux de dizaines de curieux. La scène se déroule dans ce qui fut, pendant près d'une décennie, le territoire de prédilection d'Annie et Christophe Guillaume. Tracteurs agricoles de collection, pièces détachées, petite mécanique : tout est désormais à vendre.

Une liquidation au bout d'un long chemin judiciaire

Fondée en 2016, la Grange aux 2 CV s'était imposée comme une référence dans la rénovation de la 2CV. En huit ans d'activité, l'entreprise a permis à 300 voitures de retrouver une seconde vie. Mais placée en redressement judiciaire depuis plus d'un an, la société a finalement été liquidée il y a six mois, mettant un terme à l'aventure entrepreneuriale du couple Guillaume.

Ce mardi matin, l'absence de Christophe Guillaume était remarquée. Seul son fils avait eu le courage de se présenter pour démarrer les tracteurs. Son fils, visiblement ému, expliquait cette absence : « Ce n'est pas facile tous les jours. C'est pour ça qu'il n'est pas là aujourd'hui, parce que ce n'est pas ce qui lui fait plaisir de vendre son matériel. Ça, par exemple, c'était sa collection personnelle qui est rentrée dans l'entreprise. Les 2 CV, c'était tout ce qu'il faisait tous les jours. Il n'a plus rien. »

Une vente aux enchères qui attire les passionnés

Malgré le contexte douloureux, la vente a suscité un engouement certain. Plus de 200 personnes s'étaient déplacées sur place, parmi lesquelles des curieux, des acheteurs, mais surtout des passionnés et des collectionneurs venus parfois de très loin : Suisse, Allemagne, Italie.

Le commissaire-priseur en charge de la vente soulignait la singularité du stock mis à disposition : « On a un stock qui ne peut pas être très facile à vendre, ça ne peut pas intéresser n'importe qui, mais qui a été constitué avec beaucoup de soins par année, et qui peut intéresser quelques collectionneurs ou quelques personnes qui font le même métier, de remonter des 2 chevaux. Je m'attends à beaucoup de petites enchères, à beaucoup d'intérêts. »

Des profils d'acheteurs variés

Dans la foule, les motivations divergeaient. Parmi les visiteurs, un passionné d'automobiles avait déjà repéré ses cibles : « Je suis passionné d'automobiles, notamment de 2 CV. J'ai déjà sélectionné et pris quelques photos. Dans les voitures que j'ai vues, peut-être 2000 euros, 3000 euros, je ne sais pas exactement, pas beaucoup plus. »

D'autres avaient des intentions plus pragmatiques. Un récupérateur de métaux, présent sur place pour la ferraille, reconnaissait toutefois la valeur particulière du matériel en vente : « Nous, c'est souvent au poids que ça va se vendre, ici ça sera certainement plus cher que la ferraille. »

La Grange aux Deux-Chevaux a fermé ses portes. Derrière elle, une collection dispersée aux quatre coins de l'Europe, et le souvenir d'une passion transformée, le temps d'une aventure, en entreprise.

Article rédigé par

Claire Griot

Journaliste

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