Saint-Malo : le chantier des Nielles démarre malgré l'opposition des riverains

Saint-Malo : le chantier des Nielles démarre malgré l'opposition des riverains

Les travaux de construction du complexe touristique des Nielles ont démarré à Saint-Malo, mettant fin à dix ans de procédures judiciaires. Pourtant, une association de riverains ne désarme pas et prépare une nouvelle action en justice.

Article publié le : 21 septembre 2026

Thématique : Infos


Entre Rochebonne et la Pointe de la Varde, les pelleteuses sont désormais à l'œuvre sur le site de l'ancien camping municipal des Nielles. Le groupe Raulic, porteur du projet, a obtenu gain de cause à l'issue d'une décennie de batailles juridiques et peut désormais lancer la construction de son complexe hôtelier de thalassothérapie, estimé à 70 millions d'euros.

Une nouvelle procédure en préparation

Si les engins de chantier ont investi le terrain, l'opposition locale, elle, ne faiblit pas. Une association de riverains du futur hôtel annonce le dépôt d'une nouvelle procédure devant le tribunal administratif de Rennes dans les prochains jours. Ses membres pointent plusieurs risques environnementaux liés au projet.

La stabilité de la falaise surplombant la plage du Minihic constitue l'une de leurs principales inquiétudes. Une partie de la structure rocheuse doit en effet être détruite pour permettre la construction de chambres face à la mer. « Nous sommes contre un projet qui malheureusement risque de détruire la falaise et en même temps les nids d'hirondelles qui sont quand même une espèce protégée », dénonce un représentant de l'association.

Les opposants s'interrogent également sur les conséquences des travaux sur l'intégrité de la roche. « Leur grand argument, c'est de dire nous allons la renforcer avec du béton. Mais les vibrations que ça va provoquer, alors qu'il y a des veines partout, on ne sait vraiment pas ce que ça va faire. Voilà, c'est ça l'inquiétude. Et aujourd'hui, on ne détruit pas une falaise », poursuit le même interlocuteur.

La question de la consommation d'eau

L'association soulève par ailleurs un argument d'ordre écologique et civique, lié à la gestion de l'eau. Elle juge la consommation prévue par le complexe incompatible avec les efforts demandés aux habitants en période de sécheresse. « Un complexe touristique de cette ampleur va consommer plus de 500 litres d'eau par jour par personne, alors que nous, les habitants, on nous demande de nous restreindre à 40 litres d'eau par jour par personne en période de sécheresse », affirme l'association, qui dénonce également des rejets à la mer liés à l'activité thalasso.

Le groupe Raulic défend son projet

Face aux critiques, le groupe Raulic se défend d'avoir agi dans les règles et met en avant la dimension économique de son investissement. « On a anticipé, on a informé. Aujourd'hui, on met en mesure les actions de réduction de bruit, de gestion des nuisances. Mais à la fin de la journée, le but, c'est de construire l'avenir. Et construire l'avenir, ça passe par un projet qui va être créateur d'emplois et créateur de vie sur le site », déclare un représentant du groupe.

Les riverains, quant à eux, témoignent déjà de nuisances sonores et de poussière générées par le chantier, notamment lors de la démolition d'un ancien bunker présent sur le site. Le bras de fer entre le promoteur et les habitants de Saint-Malo est donc loin d'être terminé.

Article rédigé par

Philippe Berthou

Journaliste

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