C'est à Erquy, dans les Côtes-d'Armor, que le reportage a mis en lumière cette situation singulière. Un vigneron local se félicite des conditions climatiques de cette année : « Ah bah la qualité est top, top, top. La canicule ici est des moins violentes que certains autres endroits. C'est peut-être l'avenir, allez savoir ! »
Avec un taux d'alcool mesuré à 11,7°C, le vigneron souligne l'équilibre obtenu : « C'est bien, ça permet d'aller chercher du fruit. » Il contraste cette situation avec ce qu'ont subi d'autres régions viticoles françaises : « Ce que les autres ont pu subir est beaucoup plus dur. Des grappes beaucoup plus séchées, des vignes qui ont beaucoup plus souffert, des taux de sucre trop importants. »
Ce viticulteur n'hésite pas à tirer une conclusion plus large de ces observations : « Pendant les vendanges, c'est des aléas où aujourd'hui on se dit, oui, sans doute c'est peut-être plus facile d'être en Bretagne et encore plus dans les côtes d'Armor pour des années comme ça, pour pouvoir faire du vin. Ça va nous permettre de continuer à faire des vins légers. »
Un succès commercial qui dépasse les attentes
Au-delà de la qualité de la récolte, c'est la demande commerciale qui retient l'attention. Ce vigneron a vendu l'intégralité de sa première vendange en 2025, soit 5 000 bouteilles, et se retrouve contraint de rationner ses ventes : « Je freine à la vente. Sinon, si je vends ça à tous les gens qui me demandent un vin local, je le vendrai trois fois. Mais là, vu que je veux limiter aussi aux locaux, aux gens qui sont vraiment intéressés par le vin, par le vin breton. »
L'engouement se confirme également auprès des professionnels de la restauration. Un restaurateur témoigne avoir acquis une part significative de cette production : « On a acheté 300 bouteilles à Laurent de la production 2025 qu'on a passées cet été au restaurant. En deux mois, oui. Il a énormément de succès, beaucoup d'attraits. »
Des perspectives ambitieuses pour 2027
Fort de ce bilan positif, le vigneron entend monter en puissance. Grâce à ses nouvelles vendanges, il espère produire entre 15 000 et 20 000 bouteilles, dont la commercialisation est prévue pour le début du mois de juin 2027.
Dans un contexte de dérèglement climatique qui fragilise les vignobles traditionnels français, la Bretagne et ses vins légers semblent ainsi s'imposer progressivement comme une alternative crédible et recherchée.
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