Les mobilités douces au cœur des enjeux des élections municipales en Ille-et-Vilaine

Les mobilités douces au cœur des enjeux des élections municipales en Ille-et-Vilaine

À quelques jours des élections municipales, la question des mobilités douces s'impose comme un thème majeur de la campagne en Ille-et-Vilaine. Entre développement du vélo en milieu urbain et solutions de covoiturage en zone rurale, les candidats sont interpellés sur leurs projets pour favoriser des déplacements moins carbonés.

Article publié le : 10 mars 2026

Thématique : Municipales

La voiture reste incontournable malgré les aspirations écologiques

Selon une enquête du réseau des radios ICI et de l'institut Odoxa, la voiture demeure le moyen de transport privilégié pour 7 Français sur 10. Cette dépendance varie considérablement selon les territoires : elle est utilisée par 93% des habitants des communes rurales contre 52% en métropole. La Bretagne se distingue comme la région française où les transports en commun sont les moins utilisés, avec seulement 19% des déplacements.

Paradoxalement, si 68% des Français se disent prêts à privilégier la marche, le vélo ou les transports en commun, 54% ne souhaitent pas renoncer à la voiture pour leurs trajets quotidiens.

Fougères à l'épreuve du vélo

La pratique du vélo a connu une progression remarquable de 40% en France depuis 2019. À Fougères, troisième commune d'Ille-et-Vilaine avec plus de 20 000 habitants, les cyclistes s'adaptent à une topographie vallonnée. Alban, habitant du centre-ville et membre de l'association "Osez le vélo", témoigne :

L'association "Osez le vélo", forte d'une centaine d'adhérents, a récemment interpellé les candidats aux municipales. Son président, Hervé Poussier, regrette l'absence d'avancées significatives :

Il ajoute que les trois principales listes en lice reconnaissent l'importance de diversifier les modes de déplacement, mais insiste :

Le baromètre du vélo révèle des disparités

Selon le baromètre de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), qui évalue les communes sur des critères comme la sécurité, le confort et les équipements, Fougères obtient la note de D avec 3,14 sur 5. À titre de comparaison, Rennes, classée troisième grande ville la plus cyclable de France, reçoit un B avec 4,05 sur 5. Saint-Malo et Redon obtiennent respectivement D avec 3,36 et 3,32, tandis qu'Acigné se distingue comme championne départementale et régionale avec un A (4,37 sur 5).

Le covoiturage, solution pour les zones rurales

Dans les territoires où les réseaux cyclables et les transports en commun sont moins développés, des alternatives émergent. La communauté de communes de Brocéliande a mis en place "CovoitGo", un système d'autostop organisé avec des bornes installées depuis juin 2023 à Plélan-le-Grand, Maxent et Saint-Péran.

Muriel Douté-Bouton, vice-présidente de Brocéliande Communauté et maire de Plélan-le-Grand, explique :

Des attentes fortes mais contrastées

Un Français sur deux estime qu'il n'y a pas assez de transports en commun ou de pistes cyclables dans sa zone d'habitation, un sentiment qui atteint 87% en zone rurale. Les mesures incitatives comme le développement des pistes cyclables, les rues scolaires ou la limitation à 30 km/h bénéficient d'un large soutien, contrairement aux mesures perçues comme punitives telles que les zones à faibles émissions (ZFE) ou l'augmentation des tarifs de stationnement.

À l'approche du scrutin du 15 mars, les électeurs sont appelés à se prononcer sur ces enjeux de mobilité qui relèvent largement des compétences municipales : aménagement des trottoirs, marquages au sol, pistes cyclables, chemins piétons ou encore couloirs dédiés aux transports en commun.

"Fougères, c'est une ville très adaptée au vélo puisque c'est un espace petit. Et donc très vite à vélo, on est allé d'un bout à l'autre de la ville. Effectivement, ça monte. Mais aujourd'hui, avec les vélos électriques et les assistances électriques, ça monte partout tout seul. Et avec la ville à 30, les voitures ne vont pas plus vite que nous. Et avec le fait qu'on ait l'autorisation en ville à 30 de prendre les voies à contre-sens cyclables, ça, c'est une super avancée puisque ça nous fait aussi des raccourcis. Ce qui nous manque maintenant, c'est des aménagements qui soient plus sécurisants, sécurisés »

"Il n'y a pas eu de progression véritable depuis 2021 parce qu'il n'y a pas eu de grands projets d'envergure. Par contre, il y a deux ans, la ville de Fougères et Fougères Agglomérations ont voté des schémas directeurs vélos. Donc c'est censé être des plans à moyen et plus long terme, sur une dizaine d'années, pour améliorer significativement le réseau cyclable."

"Le vélo, il faut que ça devienne une priorité budgétaire et pas seulement des mots."

"On est sur un service lié à la solidarité qui fonctionne très bien sur le territoire. En clair, ça se traduit par le fait qu'on attend très peu. Quand on arrive sur une borne, on est assez vite pris en charge. Et en moyenne, chaque mois, on a entre 20 et 80 pouces boutons qui sont enregistrés informatiquement qui permet de montrer qu'il y a un intérêt. Ça n'a pas vocation à avoir la même fréquentation qu'un bus BreizhGo par exemple, mais ça sert au quotidien à certaines personnes qui sont en déficit de véhicules. Donc ça reste très local, très simple, gratuit, même s'il y a des coûts de fonctionnement qui sont pris en charge par la communauté de communes."

Article rédigé par

Christophe Penven

Journaliste

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