Une liste complémentaire supprimée dans l'indifférence
Ces candidats, qui ont échoué de justesse au concours, bénéficiaient jusqu'alors d'un dispositif leur permettant d'être recrutés au fil des désistements ou des départs en retraite. Mais une évolution réglementaire vient mettre fin à cette possibilité. C'est le cas d'Anaïs, candidate malheureuse qui se retrouve désormais dans une impasse : «Il y a une loi qui a été mise en place et passé le 30 septembre, nous, toutes les personnes inscrites sur cette liste complémentaire, nous ne pouvons plus être appelées, recrutées et nous sommes donc obligées de repasser ce concours.»
Sur la seule région académique Bretagne, une vingtaine de candidats se trouvent dans cette situation. Paradoxalement, des personnels contractuels — n'ayant pas passé le concours — sont recrutés à leur place. Une réalité que dénonce la syndicaliste rencontrée sur place : «Ce qu'on voit derrière tout ça, c'est une stratégie financière, évidemment.»
Des alertes restées sans réponse
Depuis trois mois, les candidats concernés multiplient les démarches pour alerter sur leur situation, allant jusqu'à interpeller leurs députés locaux. En vain. Face à ce silence institutionnel, certains envisagent d'accepter eux-mêmes un statut de contractuel en attendant de repasser le concours. Anaïs témoigne de cette résignation teintée d'espoir : «Ce serait aussi l'occasion de faire ce que j'aime et de garder cette petite étoile pour retrouver l'envie de réviser ce concours et de le repasser à nouveau pour pouvoir être professeure l'année prochaine.»
La syndicaliste, elle, va plus loin dans la critique et pointe les conséquences sur l'ensemble du système éducatif : «Là, clairement, ça nous donne l'impression qu'on ne va pas favoriser ni le bien des personnels, ni le bien des élèves, parce qu'on ne nous donne pas les moyens de faire notre travail correctement. Ce sont des choix politiques qui ne sont pas faits.»
Le rectorat confirme sans infléchir
Contacté par notre équipe, le rectorat a confirmé la situation sans laisser entrevoir de possibilité d'aménagement : il n'est effectivement plus possible de recourir à la liste complémentaire au-delà du 30 septembre, cette décision s'inscrivant dans le cadre de la réforme de la formation initiale des enseignants. Une réforme qui, pour ses détracteurs, sacrifie des candidats qualifiés sur l'autel de considérations budgétaires.
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