Un bilan contrasté mais solide
En près de dix ans à la tête de l'institution rennaise, Arthur Nauzyciel aura traversé des périodes difficiles : la crise du Covid, des occupations et manifestations, ainsi que des coupes budgétaires. Ces turbulences n'ont pourtant pas empêché le théâtre d'afficher des résultats solides, avec un taux de remplissage dépassant les 90%, des révélations artistiques et des spectacles remarqués.
Le directeur sortant revendique une conception du théâtre profondément ancrée dans la réalité sociale. « Il faut accepter aussi d'être confronté à ce que les gens traversent, à leur réalité et comment ils vont impacter et la vie du théâtre, mais aussi notre travail artistique. On n'est pas détaché de la vie des gens », confie-t-il.
Un départ dans un contexte incertain
La passation de pouvoir intervient dans un climat politique tendu, à l'approche des élections présidentielles. Arthur Nauzyciel ne cache pas ses inquiétudes quant à l'avenir du secteur culturel : « On n'est pas sûr que tout ça continue, donc au-delà de mon cas personnel, c'est juste la conscience que ce qu'on fait là, on ne sait pas encore pendant combien de temps on pourra le faire. »
Une dernière création avec Bergman
Pour clore son mandat, le directeur signe une ultime mise en scène au TNB : une adaptation de Scènes de la vie conjugale d'Ingmar Bergman. Le spectacle, interprété par Bénédicte Cerutti et Laurent Poitrenaux, explore les dynamiques de pouvoir au sein du couple. Arthur Nauzyciel décrit son intention artistique : « Comment ces constructions, ces rapports de force, ces questions de territoire, ces questions de domination se retrouvent aussi dans l'intime, se retrouvent aussi dans les chambres à coucher. »
Scènes de la vie conjugale est à voir au TNB jusqu'au 9 octobre.
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